Mission : aménagement des réserves du musée du Domaine royal de Marly
J'ai eu la chance d'être missionné par le musée du Domaine royal de Marly pour aménager ses réserves : définition des espaces de stockage et de travail, conditionnement et rationalisation des collections, transfert d'œuvres pondéreuses.
Je travaille rarement sur des collections de beaux-arts, et ce fut un vrai plaisir de résoudre les points de blocage propres à ce type de fonds : une sculpture de plusieurs centaines de kilos trop haute pour passer une porte, la mise sur grilles de peintures de grand format, le conditionnement à long terme des objets d'art en bac, la rationalisation du mobilier de stockage. Un véritable jeu de chaises musicales, mené avec une équipe formidable et enthousiaste, dont deux emballeurs professionnels.
Au-delà de ces collections « classiques » de beaux-arts, l'opération a aussi concerné des pièces archéologiques, des naturalia et des militaria. Même dans ce contexte, on retrouve des problématiques de collections à risque ; rares sont les fonds qui n'y sont pas confrontés d'une manière ou d'une autre. Le transfert de l’armes à feu et de l’arme blanche a ainsi été l'occasion de sensibiliser l'équipe du musée. Merci à Christophe Matthys pour les journées d'information menées ensemble, à ce sujet.
Les collections à risque sont un point à identifier et à intégrer dès l'amont de tout projet de réaménagement de réserves.
Des projets de chantiers de collections, de réaménagement de réserves ou de gestion de collections à risque ? Contactez-nous !
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Conserv’acteurs, régisseur ou restaurateur ? Episode 4 : LE TRANSPORT
Pourquoi on le fait ? Pour déplacer une œuvre d’un point A à un point B. ça peut être d’une salle à une autre dans le même bâtiment ou d’une institution à une autre sur un continent différent.
Qui doit le préconiser / décider ? C’est la personne chargée des collections qui décidera du mouvement d’une œuvre. Il est cependant préconisé d’en décider avec le conseil d’un CR quant à la possibilité physique de déplacer une œuvre (cf tapisserie de Bayeux) et/ou aux modalités de ce déplacement, comment le faire au mieux pour la conservation de l'œuvre. Le régisseur est également à consulter, pas tant sur la prise de décision (un bon régisseur trouvera toujours la solution) mais sur les moyens à engager.
Qui peut le faire ? dans quels cas ? On fait généralement appel à un transitaire spécialisé dans le transport d'œuvres. Ce mouvement peut également être fait par le personnel d’institution en fonction des plannings, les consommables nécessaires, la logistique, le nombre de personnes, leurs compétences (CACES), les engins adaptés (aux lieux et aux collections) et la nature du déplacement. Un régisseur interne rassemble toutes ces compétences. Un autre poste est indispensable dans cette thématique est le chauffeur, être habile dans les manœuvres, avoir les permis adaptés au véhicule, maîtriser la conduite à chaque seconde est un métier à part entière.
Quand est-ce que la collaboration est nécessaire ? Elle est particulièrement préconisée lorsque l’item à transporter présente des fragilités physiques visibles. De manière générale, il reste fortement conseillé de faire appel à un CR et à un régisseur pour tout déplacement d’une collection comprenant des objets peu typiques ou avec des matériaux peu communs, de grand format ou tridimensionnel.
Cette série de posts est imaginée par Sarah Idargo-Hardy (conservatrice-restauratrice) et Hugo Bordet (régisseur des collections). Ces professions travaillent très souvent dans les mêmes contextes, sur les mêmes collections mais avec leurs compétences, leurs contraintes et leurs expertises propres.
Des contradictions ou des nuances ? Ecrivez-nous !
Crédits : Teo Schlinger et Julie Jung-Vasseur.
#hbconservation #regie #conservationpreventive #
Deux semaines à Oradour-sur-Glane…
Il y a deux ans nous avons travaillé sur le site d’Oradour-sur-Glane. L’objectif a été de cartographier et documenter l’ensemble des objets présentés au sein du Village Martyr suite au massacre de 1944 (hors musée), par quartier, par maison et sur la voirie. Que ce soit en plein soleil ou sous la pluie, nous avons mené notre mission avec le plus grand des sérieux, peut-être plus que d’habitude (si c’est possible). Entrer au sein de chaque bâtiment, de chaque pièce (tant que la sécurité le permettait), circuler entre les maisons a été passionnant en ce lieu de mémoire durant les deux semaines de mission.
Ce qui m’a le plus marqué, ce n’est pas un bâtiment, pas un objet mais une odeur : au sein de la végétation entre les maisons (bien entretenue), des odeurs d’herbes aromatiques montaient au fil de nos déplacements, peut-être un reliquat des plantes utilisées dans ces anciennes cuisines…
Que ce soit les lieux de mémoires ou les restes humains au sein des collections, nous les abordons toujours avec le respect qui leur est dû, malgré la distance géographique, spirituelle ou historique. Ce type de mission nous rappelle pourquoi ce métier a du sens. Si vous portez un projet similaire, nous serions heureux d'en discuter.
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Le bruit dans les collections : Le bon geste sécurité #5
Mission : chantier de collection de taxidermie, incluant une étape de dépoussiérage.
Danger : Le bruit est partout et si on rajoute le bruit de l’aspirateur toute la journée, c’est à devenir fou. Le bruit provoque des surdité lors d’une exposition pendant toute sa carrière. De plus, le bruit provoque des pertes de concentration, de la fatigue et donc peut-être un facteur aggravant pour d’autres risques. Le bruit est dangereux à partir d’un niveau de 80 décibels durant une journée de travail de 8 heures.
Le bon geste : L'anticipation est la meilleure des stratégies. Organiser, en amont, sa journée de travail pour réduire le temps d'exposition. Réduire la production de bruit en évitant un travail bruyant en même temps qu’un collègue qui a également un travail bruyant.
Pour ce chantier, il a été utilisé un aspirateur avec un variateur de puissance, ayant un faible niveau sonore. On peut lire sur le sonomètre un niveau sonore de 47 dB. Réduire le bruit à la source est la meilleure des stratégies. Pour cela, il faut y penser lorsqu’on choisit l’aspirateur qui sera acheté.
S’il n’est pas possible de réduire à la source, on peut porter des équipements de protection auditive. Ici, on voit le port d’un casque anti bruit en complément.
Merci à Arnaud Bruniquel pour l’analyse des risques professionnels dans cette situation concrète.
Et vous, quels sont vos bons gestes sécurité pour réduire ce risque ? Anticiper le risque vous facilitera la vie !
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Mission(s) : deux ans de travail au musée de l’Ordre national des pharmaciens (AMO, transfert, conditionnement, cartographie) !
A l’occasion d’importants travaux, cette institution a eu l’ambition de bien conserver ses collections et elle y en mit les moyens. Nous sommes partis d’anciens placards, de modestes espaces inadaptés, à une réelle réserve de qualité muséale, conçu comme un espace de travail et d’études sur les collections. Dans un lieu tenu secret, des étagères mobiles ont été montées pour la documentation, des racks à bac europe à glissières pour des fonds conditionnés et listés par nos soins, des étagères adaptées pour les collections hors-bac, des rangements pour le matériel de conservation et un bureau pour la consultation. Ce fonds passionnant, composé d’instrumentation scientifique, d’herbier, de produits chimiques (entre autres) est maintenant centralisé et sécurisé.
Notre travail a consisté à lister et conditionner les œuvres, concevoir une réserve temporaire durant les travaux, réaliser le transfert aller puis retour dans une réserve adaptée au travail sur les collections conçues par nos soins, jusqu’à la supervision du montage du mobilier de stockage. Nous sommes intervenus avec une équipe de six entreprises différentes, spécialisées en régie des collections pour Camille Jolin, Responsable du patrimoine pharmaceutique.
Nous vous recommandons la visite de ce musée, que ce soit le contexte ou les fonds, ils en valent le détour ! Notamment pour les prochaines Journées Européennes du Patrimoine (sur inscription).
Des projets de chantiers de collections ? Contactez-nous !
#hbconservation #regie #conservationpreventive #collectionstoxiques #hazardsincollections #collectionsmanagement #museumcollections #lebongestesécurité
Nous sommes de retour pour (ne pas) vous jouer un mauvais tour !
Après la première pause de l’année (entre le 14 juillet et le 15 août), nous sommes de retour. Pour tout vous dire, il y a eu plusieurs missions durant cette « pause ». La reprise, c’est surtout le travail « invisible », à savoir produire des devis, répondre aux courriels, rédiger des réponses aux consultations/marché, faire sa comptabilité, organiser les prochaines opérations, relancer les factures déposées, préparer des communications et publications. Bref, tout le bonheur administratif habituel…
Les prochains mois vont être très intéressants et nous avons hâte de vous en parler.
Des projets de chantiers de collections ? Contactez-nous !
Crédit : Julie Jung-Vasseur.
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La radioactivité dans les collections : Le bon geste sécurité #4
Mission : inventaire des échantillons paléontologiques pouvant émettre un niveau de radiation supérieur au premier palier d’alerte (selon le Code du travail).
Danger : La radioactivité peut provenir du milieu naturel et les collections patrimoniales peuvent être également touchées. Les cellules des tissus ou des organes exposés sont affectées et peuvent conduire, entre autres, à une altération de l’ADN.
Le bon geste : Il est nécessaire d’évaluer les quantités d’émission, comme lors de ce projet, pour mettre en place les actions de radioprotection pertinentes. Sur la photo on voit la prise de mesure avec un radiamètre. Lorsque des rayonnements ont été identifiés, il est nécessaire de mettre en place une organisation de la radioprotection et de désigner une personne compétente possédant des habilitations de type Personne Compétente en Radioprotection (Article R4451-103 du code du travail).
Selon les résultats de l’activité de rayonnement ionisant, des mesures de prévention et de protections vont être mises en place telles que les surveillances médicales avec bilan dosimétrique ayant pour but la surveillance du niveau de dose individuelle maximale, la délimitation des zones avec conditions d'accès et signalisation, des équipements de travail adaptés, aménagement et conception des locaux, etc.
Merci à Arnaud Bruniquel pour l’analyse des risques professionnels dans cette situation concrète.
Et vous, quels sont vos bons gestes sécurité pour réduire le risque de radioactivité ? Anticiper le risque vous facilitera la vie !
Crédit : Thierry Oudoire.
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RD Congo & France autour des collections toxiques : une rencontre internationale sur un quai !
La semaine dernière, nous avons effectué une mission de suivi sanitaire d’une exposition de spécimen en fluide au Maif Social Club. J’ai eu la chance et l’honneur d’y être accompagné par une observatrice, Liliane Feza Tshikuta, conservatrice-restauratrice de la République Démocratique du Congo, qui prépare une thèse sur la "toxicité visible et invisible : Enjeux muséologie autour des collections en République Démocratique du Congo" (Université Libre de Bruxelles & Université de Kinshasa).
Nous avons beaucoup échangé sur nos différents métiers, nos pratiques, les cadres déontologiques et légaux, en les questionnant et en les analysant selon nos expériences. Nous en avons profité également pour aller visiter le musée du Quai Branly, où nous avons pu profiter des expositions temporaires, des parcours, des performances et des concerts organisés dans le cadre des 20 ans de l'institution. Nous avons particulièrement apprécié la communication du service restauration interne de l’établissement au salon de lecture ; les échanges qui en ont découlés sur la pratique du métier entre deux pays éloignés par les kilomètres mais proche par la démarche déontologique, ont été riches. Cette journée a été l’occasion de discussions importantes et passionnantes.
La gestion des collections est plurielle, propre au contexte et à l’usage, notamment dans les collections à risques. Je remercie Preservation360de consacrer du temps à accompagner la construction d'un réseau international, pluridisciplinaire, informel, dans la bienveillance, le partage et les échanges.
Crédit : Sébastien Bocos.
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Conserv’acteurs, régisseur ou restaurateur? Episode 3 : LE CONSTAT D'ÉTAT
Pourquoi on le fait ? Pour définir l’état de conservation d’une œuvre observable à un instant précis, souvent avant ou après transport ou lors d’une étude sanitaire d’un fonds (lors d’un chantier de collection par exemple).
Qui doit le préconiser ? L’initiative est souvent celle de l’institution ou personne propriétaire de l’item avant ou après son prêt. Mais n’importe lequel des deux parties peut le demander. Cela peut également être un prérequis des assurances des items.
Qui peut le faire ? Dans quels cas ? En pratique : toute personne avec une bonne vue (c’est diplomate non ?) et formée à l’exécution de cette tâche, selon le type de constat souhaité. Si un constat très technique est demandé il est préférable de faire appel à un spécialiste de la matérialité de l'œuvre, un CR par exemple qui pourra évaluer visuellement l’état de conservation de l'œuvre en question. Sa formation lui permet également de noter les altérations les moins visibles à l'œil nu mais aussi à reconnaître des dégradations peu ou pas visibles pour des personnes n’étant pas familières aux typologies de dégradation des œuvres. Plus on voit d’altérations, plus on en reconnaît les signes et les précurseurs.
Quand est-ce que la collaboration est nécessaire ? Elle est conseillée dès lors qu’il y a de hautes valeurs d’assurance et/ou lorsque les assurances exigent un constat fait par un restaurateur. Elle l’est également lorsqu’on est face à une œuvre fortement dégradée car les dégradations visibles ont probablement des causes invisibles à l'œil nu et qu’un diagnostic et pronostic aideront également à conditionner et exposer l'œuvre au mieux. En réalité, de nombreuses institutions font faire les constats par des régisseurs ou des techniciens, que ce soit pour des convoiements ou des chantiers de collections ; de par leur expériences et leurs compétences, c’est adéquat également.
Cette série de posts est imaginée par Sarah Idargo-Hardy (conservatrice-restauratrice) et Hugo Bordet (régisseur des collections). Ces professions travaillent très souvent dans les mêmes contextes, sur les mêmes collections mais avec leurs compétences, leurs contraintes et leurs expertises propres.
Des contradictions ou des nuances? Ecrivez-nous!
#hbconservation #regie #conservationpreventive
Un caillou, une toxicité #2 : l’orpiment
Un rouge sensible
Le Réalgar (de formule chimique As4S4) est un important minerai d'arsenic. Cette poudre de mine ("rahj al-gahr" en arabe) a longtemps été utilisée comme pigment pour les couleurs rouge ou jaune.
Toutefois, l'exposition prolongée à la lumière peut l'altérer en pararéalgar, très proche de l'orpiment...
Pour conserver ces cristaux d'un rouge particulier, il est donc indispensable de prendre d’importantes précautions (comme les priver de lumière) ; ces cristaux pouvant présenter les toxicités du soufre et de l'arsenic, il est également indispensable de les manipuler avec soin et protections adaptées.
Et vous, l’avez-vous déjà rencontré ? Merci à Thierry Oudoire, conservateur et géologue. Les fonds géologiques ne sont pas à prendre sans précautions, au regard des risques liés leur nature chimique.
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Le port de charges lourdes dans les collections : Le bon geste sécurité #3
Mission : Transporter deux armoires pour un poids total de 50 Kg.
Danger : La manipulation de charges lourdes peut engendrer des troubles musculo squelettiques. On peut également retenir que la chute d’un objet lourd sur le pied peut provoquer des fractures qui pourraient avoir pour conséquence une immobilisation et un arrêt du chantier.
Le bon geste : Pour ce projet, il a été évalué dans l’analyse risques préliminaire :
l’estimation des charges afin de définir une organisation du travail et le matériel adapté,
l’identification de l’équipement adapté à la charge en tenant compte également à l'environnement de travail.
On remarque sur la photo que le sol est irrégulier, pour cela le diable est monté sur roue pneumatique. On remarque également le port des gants de manutention ainsi que des chaussures de sécurité.
Merci à Arnaud Bruniquel pour l’analyse des risques professionnels dans cette situation concrète.
Et vous quels sont vos bons gestes sécurité pour réduire le risque lié aux ports de charges ? Anticiper le risque vous facilitera la vie !
Crédit : Anne-Laure Boukef.
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Plus qu’un chantier de collection : un chantier-école !
Le chantier de collection du muséum d’Histoire naturelle de Blois vient de clôturer sa cinquième année (5 300 lots, 19 700 items, 21 jours). Ce cadre est le théâtre d’une autre activité pour nous, un chantier-école. Il nous permet de tester des opérateurs potentiels pour des missions pouvant être sensibles ou délicates et de nous remettre en question constamment, d’éprouver notre méthode de travail.
Nous avons eu le plaisir d’accueillir des profils très différents, des personnes en reconversion, sans expérience professionnelle, des fonctionnaires en cumul d’activité, des conservateurs-restaurateurs, des taxidermistes etc. Plus qu’un plaisir, c’est un engagement moral de notre part : nous travaillons sur des fonds patrimoniaux qui sont vecteurs de connaissances, il est donc naturel de transmettre nos compétences lorsque c’est possible. Nous enrichissons ainsi notre équipe et nous remettons nos pratiques en question aussi souvent que possible.
Nous avons décidé de ne pas prendre de stagiaire durant nos chantiers : chacun apporte son parcours, son expérience et sa force de travail au chantier ; chaque membre de l’opération fait partie intégrante de l’équipe. Depuis trois ans à Blois, nous avons eu la chance de voir passer une quinzaine d’opérateurs de tous horizons et nous espérons plus dans les années à venir.
Des projets de chantiers de collections ? Contactez-nous !
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Lettre d’amour au MNHN
Cela fait dix ans que je travaille dans les collections d’Histoire naturelle et l’institution qui m’a le plus marqué reste de loin le Muséum national d’histoire Naturelle (MNHN).
- 2015 : premier contact en master (conservation préventive des collections d’Histoire naturelle et visite de la zoothèque) = une révélation !
- 2016 : bénévolat en paléobotanique (compréhension du fonctionnement interne du MNHN, marquage direct des fossiles) = début d’un apprentissage,
- 2017 : CDD en ichtyologie (collections en fluides, collections radioactives) = premiers pas dans la prévention des risques,
- 2018 : communication scientifique (« Developing new skills to preserve wet collections : cases stuides and experience » lors du colloque international "Conservation des collections d'Histoire naturelle en fluides : retours d'expériences et perspectives") = une première pour un jeune professionnel,
- 2019 : bénévolat dans les collections de crustacés et transfert des collections paléontologiques pour André Chenue, (plus de six mois, coordination, gestion d’équipe jusqu’à 15 personnes) = la chance de conjuguer logistique et contexte scientifique pour plusieurs millions de spécimens,
- 2020 : technicien de prévention des risques pour la direction des collections (pandémie, refonte du document unique d’évaluation des risques professionnels DUERP) = opportunité de travailler sur la majeure partie des risques en collections et des solutions à y apporter pour que les personnels puissent travailler en toute sérénité,
- 2022 : chargé d’études pour le service hygiène&sécurité (relevé d’information pour le risque chimique), puis intervenant pour le transfert des grandes cuves (1 100 litres) = mise en pratique de la prévention des risques et communication lors d’une journée de l’APrévu etc.,
- 2024-2026 : mandataire dans le cadre du projet e-col+ de numérisation des collections (préparation et de conditionnement de spécimens naturalistes à des fins de numérisation pour les arthropodes et les vertébrés en fluide conservateur) = de nombreuses interventions passionnantes !
- 2025-2029 : mandataire pour service des collections du MNHN (chantiers de collection pour collections sèches et en fluides, mise à disposition d’une équipe aguerrie de 14 professionnels) = prêts à intervenir dès retour au fonctionnement normal de l’institution.
« J’ai pu être entouré de très bons collègues [au MNHN] où j’ai été sensibilisé à ces collections [à risques] parce que les personnes y étaient formées » (l’entretien de Sarah Idargo-Hardy, mai 2025). Que ce soit pour la prévention des risques, la gestion des collections ou la gestion de projet d’envergure, les collections et surtout les professionnels qui composent l’Institution qu’est le Muséum national d’Histoire naturelle m’ont forgé. Merci !
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Conserv’acteurs, régisseur ou restaurateur ? Episode 2 : LE CONDITIONNEMENT
Pourquoi le fait-on ? Pour stocker ou transporter un document ou une œuvre. Le but est de garantir la sécurité de l’objet du point de vue physique en le calant correctement, et chimique en employant des matériaux neutres ou favorables à la conservation de l’item en question.
Qui doit le préconiser ? Le conditionnement ou reconditionnement d’un document peut être jugé préférable ou nécessaire par le conservateur, le régisseur ou toute personne travaillant au sein des collections et notant un potentiel danger pour l’objet. Ce jugement peut être affiné par un CR mais ce n’est pas obligatoire.
Qui peut le faire ? Dans quels cas ? Les régisseurs des collections et le personnel de musée peuvent être amenés à effectuer le reconditionnement. Des actions de conseil peuvent être appuyées par le CR qui peut également réaliser des conditionnements sur mesure. Bien que ce travail fasse partie de ses compétences, il n’a pas l’exclusivité et son expertise est mieux appliquée dans la formation et la sensibilisation des équipes de terrain quant aux points à faire attention pour réaliser un conditionnement qui protège au mieux une œuvre ou une collection. Bien entendu, les spécialistes indétrônables restent les emballeurs-layetiers (coucou EILOA) et les techniciens de conservation.
Quand est-ce que la collaboration est nécessaire ? Lorsque l’objet, le contexte de conservation, ou le transport à effectuer est complexe. ex : le musée d’ethnographie de Genève a reconditionné des items enduits d’huile. Bien que la forme des objets ne soit pas particulièrement complexe, le traitement de surface a fait qu’il fallait minimiser les points de contact entre l’objet et le nouveau conditionnement. Ce type de cas justifie de faire appel à un CR pour s’assurer de ne pas endommager la matérialité de l’objet.
Cette série de posts est imaginée par Sarah Idargo-Hardy (conservatrice-restauratrice) et Hugo Bordet (régisseur des collections). Ces professions travaillent très souvent dans les mêmes contextes, sur les mêmes collections mais avec leurs compétences, leurs contraintes et leurs expertises propres.
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#hbconservation #regie #conservationpreventive
« Fossiles, vrais dangers »
Lors des « 2emes rencontres paléontologiques de la région Centre-Val de Loire » organisé par Remuce (REseau des MUséums de la région CEntre-Val de Loire) au MOBE (Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement), Orléans (27 avril), nous avons eu l’honneur d’intervenir sur les risques liés aux collections de paléontologie avec Thierry Oudoire. Les discussions ont été particulièrement riches lors des deux ateliers que nous avons animés sur ce sujet, après communication.
Ce colloque a été très intéressant : j’y ai rencontré des partenaires actuels (et futurs ?), eu des échanges en toute bienveillance, croisé des collègues du MNHN. L’accueil et l’accompagnement de l’équipe du MOBE ont été parfaits.
Crédit : Anne-Laure Boukef.
Des projets de chantiers de collections ? Contactez-nous !
#hbconservation #regie #conservationpreventive #MOBE # REMUCE #paleontology #collectionstoxiques #musee #museumnaturalhistory #naturalhistorymuseum #geology
Le travail en hauteur dans les collections : Le bon geste sécurité #2
Mission : Dépoussiérage une œuvre à une hauteur de six mètres.
Danger : Lors d’un travail de nettoyage, on a tendance à bouger, se pencher pour atteindre le recoin sale qu’il faut nettoyer. C’est dans ces conditions que la chute de hauteur peut survenir. Petite précision : il est interdit d'utiliser les échelles, escabeaux et marchepieds comme poste de travail (article R4323-63 du code du travail).
Le bon geste : Pour réaliser cette mission, l’utilisation d’un moyen d’accès adapté était nécessaire. Mais quels moyens ? Il en existe plusieurs modèles qui doivent être choisis en fonction de l’environnement de travail. Ici, on remarque l’utilisation d’une nacelle mât vertical. Cet équipement nécessite une autorisation de conduite, une formation et une aptitude médicale. Pour les activités moins hautes, il est possible d’utiliser d’autres moyens sécurisés comme les plateformes individuelles légères fixes ou roulantes (PIRL) qui sont plus facile à déplacer et peuvent être utilisées dans les salles des musées.
Lors d’un travail en hauteur, les conséquences d’une chute peuvent être importantes. On remarque que l’activité ne s’est pas faite seule puisqu’une personne est assise sur une chaise en surveillance sur le côté gauche de l’image.
Merci à Arnaud Bruniquel pour l’analyse des risques professionnels dans cette situation concrète.
Et vous quels sont vos bons gestes sécurité pour réduire le risque de chute de hauteur ? Anticiper le risque vous facilitera la vie !
#lebongestesécurité#hbconservation #regie #conservationpreventive
Un caillou, une toxicité : l’orpiment
Couleur solaire… prendre des précautions !
Reconnaissable à sa couleur jaune à orange doré semblable à l’or, qui est à l’origine de son nom (du latin auri pigmenteum), l’Orpiment a longtemps été utilisé comme pigment pour la couleur jaune.
L’orpiment est un trisulfure d’arsenic (formule chimique As2S3), qui peut contenir des traces de mercure ou encore d’antimoine. D’une dureté assez faible (il est rayable à l’ongle), ce minéral se présente souvent en amas de cristaux entremêlés ou en masses rayonnantes. Ces amas sont fréquemment altérés et deviennent pulvérulents.
Les cristaux peuvent présenter les toxicités du soufre et de l’arsenic… Il est donc indispensable de prendre d’importantes précautions pour la conservation et la manipulation d’échantillons de ce minéral.
Et vous, l’avez-vous déjà rencontré ? Merci à Thierry Oudoire, conservateur et géologue. Les fonds géologiques ne sont pas à prendre sans précautions, au regard des risques liés leur nature chimique.
#hbconservation #regie #conservationpreventive #collectionstoxiques #musee #museumnaturalhistory #naturalhistorymuseum #geology #toxicity
Conserv’acteurs, régisseur ou restaurateur ? Episode 1 : LE DÉPOUSSIÉRAGE
Pourquoi le faisons-nous ?
Pour avoir des espaces de consultation et exposition propres mais aussi pour des questions de conservation : limiter l’accumulation de matière contenant des spores, l’acidification des œuvres, les microrayures, éviter d’abriter et attirer les insectes, prévenir les infestations. Oui, le dépoussiérage a tous ces bénéfices ! Qui l’eût cru ?!
Qui doit (ou peut) le préconiser ?
Il est connu que c’est une étape importante de la conservation, que la valeur ajoutée de cette action est exponentielle en comparaison avec d’autres pratiques locales comme la restauration après que le dommage soit fait. La décision de faire une campagne de dépoussiérage appartient à la direction ou aux responsables des collections. Ce sont souvent les conservateurs (qu’ils soient ou on restaurateurs) ou même les régisseurs qui peuvent conseiller le lancement d’un tel projet, voire de le réaliser.
Qui peut le faire ? Dans quels cas ?
Toute personne formée devrait pouvoir dépoussiérer. Il est illusoire de penser qu’un CR doive systématiquement accomplir ce travail : ses compétences peuvent être mieux utilisées sur d’autres tâches ; il y a rarement les moyens de mettre du personnel avec cette qualification sur ce type de chantier, spécialement si l’on fait appel à un CR indépendant.
Certains CR sont contre le fait que des non CR dépoussièrent, cela peut s’expliquer notamment par un contexte économique parfois compliqué pour les indépendants. D’autres CR l’admettent en sous-traitant ces opérations à des sous-traitants non CR.
L’important est que la personne qui va dépoussiérer les collections soit consciente et informée des risques que cette opération peut induire pour certaines typologies de collections et qu’elle soit formée en conséquence. Dépoussiérer des documents d’archives est différent de dépoussiérer des photographies ou des collections textiles. Il est donc important d’être formé au type de collection que l’on va traiter.
Quand est-ce que la collaboration est nécessaire ?
Quand il y a une grande masse d’objets à dépoussiérer, une alternative raisonnable est de faire former par un CR l’ensemble du personnel qui va contribuer au dépoussiérage. Par leur connaissance de la matérialité d'une collection, un régisseur ou technicien de collection sont à même d’effectuer cette tâche, d’autant lorsqu’ils sont en poste en institution et ont la mémoire des fonds.
Cette série de posts est imaginée par Sarah Idargo-Hardy (conservatrice-restauratrice) et Hugo Bordet (régisseur des collections). Ces professions travaillent très souvent dans les mêmes contextes, sur les mêmes collections mais avec leurs compétences, leurs contraintes et leurs expertises propres.
Des contradictions ou des nuances? Ecrivez-nous!
Notre mission : restaurer un Roi des rats !
Avec Sébastien Enault (conservateur-restaurateur, Kraniata) et Thierry Oudoire (conservateur PSTN, consulT. O.), nous avons restauré l’un des trois rois des rats conservé dans des collections publiques françaises. Montage rare, aussi curieux que fascinant et inexplicable, pour ne pas dire suspicieux, les six rats avec les queues emmêlées du musée de Châteaudun sont documentés depuis leur découverte en 1833.
Un protocole très rigoureux a été mis en place : vérification du fluide d’origine, différents bains intermédiaires, passage en Kaïserling III modifié, lutage à la cire, nettoyage de l’encrassement extérieur du récipient en verre etc.
C’est une pièce exceptionnelle et une opportunité d’intervention unique, certainement la seule de notre carrière (n’ayons pas peur des superlatifs). A cette occasion, un article a été produit par Frédéric LEVENT pour l’événement : https://www.lechorepublicain.fr/chateaudun-28200/loisirs/ce-phenomene-est-tres-mal-compris-par-les-zoologistes-le-roi-de-rats-du-musee-de-chateaudun-sest-refait-une-beaute_14897635/
Des projets d’intervention sur les collections conservées en fluide ? Contactez-nous !
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Les risques chimiques dans les collections : Le bon geste sécurité #1
Mission : dépoussiérage de 120 parts d’herbier.
Danger : les herbiers sont connus pour être souvent traités avec du chlorure mercurique, dans un but de les protéger contre les nuisibles (coucou @sarahidargo!).
Le bon geste : au moment de la prestation, les concentrations des polluants n’étaient pas identifiées et l’utilisation d’équipements de protection collective (EPC) n’était pas possible dans l’environnement de travail. Il a donc été appliqué le principe de précaution. Des EPI ont été utilisés : combinaison intégrale, gants, protection respiratoire avec des filtres contre les vapeurs de mercure, les gaz organiques, inorganiques et anti-aérosols. Des mesures d’hygiène ont également été mises en place.
Merci à Arnaud Bruniquel pour l’analyse des risques professionnels dans cette situation concrète.
Et vous quels sont vos bons gestes de sécurité pour réduire le risque chimique ? Anticiper le risque vous facilitera la vie !
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