«Une collection de cette qualité, c’est très rare»: l’art de conserver le patrimoine se cultive au Prytanée de La Flèche [Ouest-France]

Au Prytanée, à La Flèche (Sarthe), le patrimoine est régulièrement mis à l’honneur depuis plusieurs décennies et les projets se multiplient pour toujours plus de valorisation. Quelque 9 000 pièces des collections géologiques viennent d’être répertoriées.

“On a rarement été aussi bien accueillis” : armé de son équipe, Hugo Bordet, expert en conservation préventive des collections d’Histoire naturelle, ne cache pas son enthousiasme d’œuvrer au Prytanée. Pour répertorier quelque 9000 pièces de collections géologiques abritées par l’établissement, certaines depuis le XIXe siècle, Hugo Bordet, est associé à Thierry Oudoire, géologue, et à Christophe Matthys, régisseurs des collections spécialisé en patrimoine militaire. Ils ont été missionnés par la délégation au patrimoine de l’armée de terre, avec un budget de 11 000€.

“Nous sur un fonds de géologie : la paléontologie (les fossiles), la minéralogie et la pétrographie (les roches")”, explique-t-il. Huit jours ont été nécessaires pour mener à bien ce travail. “L’intérêt de cette collection est son contexte : le Prytanée l’utilise encore pour l’enseignement. La connaissance passe par là, tous les musées devraient le faire” souligne-t-il. “Hors université, une collection pédagogique de cette qualité, encore utilisée, c’est très rare!”.

Précautions et curiosités

“Tout a été dépoussiéré, identifié par Thierry Oudoire, mesuré pour la radioactivité, photographié. Les informations de base comme le poids et les dimensions sont notées sur le logiciel et papier imputrescible, puis chaque lot est mis en sachet et stocké dans des bacs numérotés.” Ce travail minutieux exige des précausions en raison des risques toxiques, d’où l’utilisation de masques et gants. Le géologue manipule d’ailleurs des bocaux contenant nickel, sel de potasse ou sulfate de plomb, en s’éloignant des personnes non protégées. “On va garder la cohérence de l’objet, avec les bocaux d’époque, mais en les sécurisant” précise-t-il. Même les vieux tiroirs en bois seront traités avant d’être réutilisés.

Une pièce a retenu son attention. “c’est un petit caillou qui présente un peu d’intérêt!” Il s’agit d’un aérolithe, autrement dit une pierre tombée de l’espace. “il est possible que ce soit une météorite, même si sa faible densité peut vraiement faire douter. Les météorites contiennent du fer et sont plus lourdes” Seules des investigations lèveront le doute.

Au Prytanée, Hugo Bordet était déjà intervenu sur les collections zoologiques. Rassemblées dès 1853 par Jean-Marie Taupenot, professeur d’histoire naturelle, elles facilitaient l’observation des espèces. L’inventaire de près de 400 lots, réalisé en 2024, lui avait réservé quelques surprises. “En taxidermie, on a là aussi une collection pédagogique avec des spécificités. Par exemple un lion, ce qui n’est pas fréquent!” Le fameux lion du Brutium, emblème du Prytanée.

Pour lui, l’ensemble est en bon état, zoologie comme géologie, grâce aux soins apportés régulièrement à ces fonds et parce qu’ils sont vivants. Il espère que cette action permettra d’encore mieux cultiver ce patrimoine inestimable.

 
Consulter l'article
Suivant
Suivant

Une météorite au Prytanée? [Le Main Libre]